Théâtre labo

Je ne jouerai plus

Romane Réty
Lundi 9 > vendredi 20 novembre 26

Le corps est le premier élément visible de l’extérieur. Nu ou vêtu, il est palpable, identifiable, jugé. Pourtant, le premier regard que l’on porte sur lui ne permet ni de comprendre ce qu’il est, ni ce qu’il porte à l’intérieur. D’autant plus qu’un corps se métamorphose tout au long de sa vie, au gré des expériences, des changements de situation, d’environnement, de cercles sociaux, de métiers ou encore de l’âge. Il est donc à la fois ce que l’on voit et ce qui échappe à notre regard.

Édouard Louis écrit : « Les corps et les individus se transforment totalement en fonction de l’espace dans lequel ils se trouvent. [...] Déplacer un corps, ça transforme des individus ».
Cette phrase résonne particulièrement avec ma recherche. J’ai envie de prendre cette idée au pied de la lettre et de voir ce qui se passe lorsque je déplace, transforme ou déforme mon propre corps devant le regard de l’autre.
Cette recherche résonne également avec mon expérience personnelle : ce sentiment d’être constamment observée, comparée et interprétée, et ce besoin de contrôler l’image que je renvoie, souvent selon des attentes qui ne m’appartiennent pas totalement. Et si j’avais le pouvoir de me transformer ? M’échapper pour réapparaître autrement ? Faire exister plusieurs possibilités d’être dans un même corps ?
À partir de ces questions, j’ai envie de brouiller les signes qui permettent d’identifier, de genrer ou de définir un corps, en explorant des gestuelles de déformation, de multiplication et de métamorphose. À travers la danse, je souhaite mettre ces transformations à l’épreuve ; expérimenter comment elles peuvent déplacer le regard que l’on porte sur moi, mais aussi transformer ma propre perception de mon corps.

Comment transformer un corps et sa manière de bouger de sorte à déplacer les premières perceptions que l’on porte sur lui ?